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définition luxembourgeoise

La dysphasie ou le trouble spécifique du développement du language oral

La dysphasie se manifeste par un retard extrême et durable du développement de la langue maternelle; sans stimulation communicative précoce et ciblée de même que sans aide systématique à la construction du langage, l'enfant ne réussira ni à communiquer oralement de façon satisfaisante ni à véhiculer aisément ses pensées. La dysphasie étant un trouble spécifique du langage parlé, elle se distingue de l'handicap moteur-cérébral, intellectuel, des troubles envahissants du développement comme l'autisme, des psychoses, des troubles émotionnels et de conduite. En principe, les organes de l'ouïe et de la vue, ainsi que de la motricité sont intacts. Et le comportement communicatif et éducatif des parents ne sont pas la cause primaire de la dysphasie. La grande majorité des enfants dysphasiques connaîtront des problèmes avec la lecture et l'écriture respectivement l'orthographe. Avec un accroissement du découragement monte aussi le risque de troubles psychiques. On peut réussir à distinguer différents grades et sous-groupes du trouble dysphasique en relation avec l'âge de l'enfant. Il y a des enfants dysphasiques qui semblent tout comprendre, comme il y en a qui prononcent parfaitement bien. Chaque enfant dysphasique a connu ou connaît des problèmes avec la syntaxe et la morphologie/grammaire de sa langue maternelle.

Les enfants dysphasiques ont :
  • des difficultés à distinguer les sons de la langue maternelle et surtout la séquence des sons et des mots émis par autrui;
  • des difficultés à se souvenir des sons et des mots, de sorte qu'on constate une perte subite de certains mots, une structure syntaxique instable et une grammaire incohérente;
  • un langage confus dû à l'adoption de mécanismes de compensation pour faire face aux difficultés de communication;
  • un langage limité, qui s'est développé avec un retard considérable;
  • plus de difficultés avec la compréhension du langage que leurs camarades du même âge;
  • d'énormes problèmes à trouver leurs mots et à sélectionner les structures syntaxiques pour exprimer leurs pensées;
  • la tendance à pointer les objets au lieu de les dénommer et de se tromper de dénomination;
  • tendance à ne distinguer que rudimentairement le contenu / le sens des mots (signification approximative) et de les utiliser de travers, ce qui renforce l'impression d'un langage bizarre (jargon);
  • tendance à n'utiliser qu'une structure syntaxique primitive pour la construction de phrases, souvent au détriment de l'informativité;
  • tendance à lire avec une lenteur extrême parce qu'ils réussissent mal à décoder et récoder les symboles (lettres).


Dans des tests psychologiques appropriés, les enfants dysphasiques obtiennent :
  • des résultats largement en-dessous de la moyenne dans des tests mesurant le développement verbal,
  • des résultats au moins dans la moyenne pour les épreuves non-verbales des tests d'intelligence, mais considérablement en-dessous de la moyenne pour les épreuves qui mesurent l'intelligence verbale;
  • des notes largement en-dessous de la moyenne dans les domaines de la mémoire verbale et de la compréhension des mots (définition lexicale),
  • des résultats faibles concernant la différenciation et reproduction de rythmes ainsi que l'automatisation de séquences articulatoires perçues à l'audition;
  • des résultats inférieurs à la moyenne dans des tests mesurant l'aptitude à lire et à écrire correctement.


Concrètement les parents remarquent souvent déjà tôt que l'enfant
  • ne comprend pas des consignes simples,
  • ne comprend pas des phrases complexes ou plus longues,
  • ne décode pas les bruits familiers,
  • "est à la recherche avec ses yeux expressifs",
  • parle mal, tardivement, jargonne ou grimace,
  • manque de mots et utilise des tournures ou formules toutes faites,
  • a du mal à segmenter les mots,
  • n'utilise pas de mots de liaison,
  • est incohérent dans la structure de la phrase et/ou utilise un style télégraphique,
  • fait un faux emploi d'articles, de pronoms, de prépositions ainsi que le la conjugaison et la déclinaison,
  • veut communiquer, mais désespère de ne pas pouvoir s'exprimer comme il l'entend,
  • évite de parler et préfère communiquer par des gestes ou la mimique ou en charge son "interprète",
  • parle mieux spontanément de lui-même que dans des situations dirigées de l'extérieur,
  • a des difficultés à raconter sa journée ou un film,
  • rencontre encore au primaire des difficultés à comprendre et à produire des phrases avec des prépositions, au passif, des phrases qui expriment des relations causales ou temporelles,
  • a du mal à convertir les phonèmes en graphèmes et vice versa.


Les experts diagnostiquent chez l'enfant dysphasique:
  • des troubles de mémorisation / des faiblesses de la mémoire auditive (mémoriser et retrouver);
  • des troubles phonologiques et phonématiques;
  • des déficits de conceptualisation, un lexique restreint et un manque du mot;
  • des troubles de la compréhension verbale;
  • des troubles de la formulation verbale;
  • des troubles séquentiels ou de la programmation (organisation temporelle de segments);
  • des déficits d'automatisation et d'intégration (coarticulation, images acoustiques et phonématiques, schémas kinesthésiques, structures syntaxiques, ...);
  • des déficits pour comprendre les règles sociales;
  • des formes spécifiques de dyslexie et de dysorthographie;
  • de l'hypospontanéité, l'impulsivité, de l'anxiété, du comportement oppositionnel ou agressif, ...


Selon la gravité du cas et l'âge de l'enfant, les experts du Centre de logopédie (CL), sous l'autorité du Ministère de l'Education Nationale (MEN), proposent:
  • l'éducation précoce à partir de 3 ans dans un petit groupe au CL en raison de une à deux fois par semaine, ainsi que la guidance parentale;
  • dès l'âge de 4 ans, un travail logopédique et pédagogique régulier "en ambulatoire" avec l'enfant et si possible, à l'école de sa commune;
  • pour les cas les plus graves une admission au préscolaire du CL pour un enseignement logopédique en luxembourgeois;
  • pour les cas les plus graves, une admission au primaire (classes 1-4) du CL pour un enseignement logopédique, mais en respectant les contenus du programme scolaire normal;
  • au besoin, une guidance régulière de l'élève dysphasique et/ou de ses enseignants à l'école de sa commune ou au lycée (technique) fréquenté.


Les décisions annuelles se font sur la base d'un diagnostic scientifique et d'une évaluation pédagogique continue. Les capacités réduites au CL ont mené à l'établissement des critères déterminant la priorité pour l'admission au préscolaire ou primaire de notre école.

Le Professeur Lucien Nicolay (décembre 2001)
source: centre de logopédie - Luxembourg
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